Kurosawa

Le réalisateur japonais Kurosawa disait que la magie du cinéma ne tenait pas à la qualité d'une scène ou d'une autre scène, d'une séquence ou d'une autre séquence, d'un plan ou d'un autre plan mais à celle de l'intervalle entre une scène et une autre scène, une séquence et une autre séquence, un plan et un autre plan. Je retrouve cette vision dans l'architecture traditionnelle japonaise de l'ère Edo, mais aussi dans celle des projets du groupe RCR ou encore de l'architecte Fujimoto : l'importance d'un vide qui lie les espaces et les êtres qui l'habitent. Je pense que la distinction entre l'architecture et le paysage est une vue de l'esprit, une impasse. A mes yeux, c'est le même espace-matière, le même «vide» que l'on sculpte différemment. L'intérieur et l'extérieur sont soumis à des contraintes et des dynamiques différentes, appellent des compétences propres mais les distinguer au moment de la conception réduit considérablement le potentiel de leur intervalle et appauvrit le projet.

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